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La femme Samourai qui valait mille soldats

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La femme Samourai qui valait mille soldats

Message par stephane le Ven 10 Mar - 7:40

I. La chevauchée de la valkyrie

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légende de cette femme-guerrière continue de fasciner les passionnés de l’ère des samouraïs, et illustre une part méconnue de l’histoire japonaise. (Partie 1)

Il n’a rien vu venir, le jeune guerrier, et ne verra plus jamais rien. Sa tête vient de rouler aux pieds de sa monture, tranchée net d’un coup précis de naginata, la redoutable hallebarde japonaise. La lame continue de virevolter entre les mains expertes d’un combattant au corps singulièrement mince. Gare à celui qui tentera de croiser le fer. Ces mouvements aussi gracieux que mortels, ces traits fins sous la visière du heaume… Se pourrait-il en réalité que le champion appartienne au « sexe faible » ?

Ne murmure-t-on pas d’ailleurs, à la lueur des feux de camp, que parmi les derniers compagnons d’armes de Yoshinaka se trouve une femme à la force colossale ? Dame Tomoe, l’amazone, aurait la bravoure de cent hommes et la force de mille ! N’écoutant que son courage, le second cavalier enroule la bride autour de son poignet, serre les flancs de son cheval entre les étriers, avant de s’élancer au grand galop à la poursuite de la mystérieuse diablesse surgie de nulle part et aussitôt disparue dans un nuage de poussière. Ce sera un grand honneur de vaincre un tel adversaire. À n’en pas douter, le seigneur Yoshitsune saura se montrer généreux. Sus à l’ennemi !

En plein cœur des Alpes japonaises, enchâssée dans le splendide écrin des plus hauts sommets de l’archipel, se trouve la bourgade de Kiso. À l’entrée du temple du village veillent deux impérieuses statues de bronze, représentant les plus célèbres enfants du pays : Kiso no Yoshinaka et Tomoe Gozen, la seule femme samouraï de l’histoire du Japon, du moins la seule passée à la postérité. Car contre toute attente, associer la féminité à l’univers martial des guerriers nippons n’est pas une hérésie, loin s’en faut.

Selon la mythologie japonaise, c’est de son aïeule Amaterasu, déesse du Soleil et divinité capitale du panthéon nippon, que la maison impériale tient son sabre sacré, qui constitue l’un des trois trésors les plus précieux. Les annales dynastiques évoquent également la belliqueuse impératrice Jingu, qui aurait conduit ses armées en Corée au IIIe siècle de notre ère, alors même qu’elle portait le futur empereur Ôjin, appelé à titre posthume à s’élever au rang de kami – divinité shintô, cette sorte d’animisme proprement japonais – sous le nom de Hachiman, dieu de la Guerre et protecteur du clan Minamoto. Et qu’importe s’il s’agit sans doute d’un mythe relatant une invasion de l’archipel, le symbole demeure limpide. Mais avec la montée en puissance des samouraïs au cours du haut Moyen Âge, les valeurs viriles s’affirment et s’associent au pouvoir. Les chroniqueurs tendent à reléguer hommes et femmes dans des rôles sociaux plus cloisonnés.

Et soudain, au détour d’une page du Dit des Heike, voici qu’apparaît Tomoe Gozen, les armes à la main. Qui est cette héroïne qui fait irruption sur la scène pourtant très masculine de la guerre des Genpei ? Le conflit opposant les clans Taira et Minamoto est un événement fondateur qui survient à la fin du XIIe siècle. Après une accalmie en 1182, la trêve est rompue au printemps de l’année suivante, lorsque les Taira dépêchent des troupes au nord afin d’y mater la rébellion menée par Kiso no Yoshinaka, un capitaine rallié aux Minamoto. Mal en prend aux assaillants, qui sont massacrés au fond des ravins bordant le col de Kurikara, où l’habile Yoshinaka leur a tendu une embuscade. À la suite de cette victoire retentissante, le vainqueur marche sur Kyôto, dont il s’empare sans coup férir. Si le vent a tourné en faveur des Minamoto, la victoire de Yoshinaka n’arrange pas les affaires de Yoritomo, qui entend bien conserver la haute main sur son clan. Prétextant le mauvais comportement des hommes de Yoshinaka qui occupent la capitale, le sire de Kamakura mande donc son jeune frère Yoshitsune, qui accomplit son premier exploit militaire en chassant l’importun de Kyôto.

II. Sur ses traces
Yoshinaka sait désormais que ses jours sont comptés. Ironie du sort, Yoshitsune dirige la traque, celui-là même qui, cinq ans plus tard, de chasseur deviendra proie. La poignée de compagnons d’armes restés loyaux au vaincu est rattrapée à Awazu en février 1184. Selon le Heike Monogatari, au nombre des fugitifs figure une femme, dont tout laisse à penser qu’elle entretient une liaison avec Yoshinaka. Concubine, maîtresse ou seconde femme, puisque l’on sait que le sire de Kiso avait laissé une épouse légitime en son fief, l’histoire ne le dit pas. En dépit d’une beauté peut-être soulignée de manière apocryphe, l’intéressée ne saurait en revanche être tenue pour une simple servante ou une dame de compagnie.

« Le mystère reste entier, d’autant que les différentes versions de son histoire se sont additionnées durant plus de neuf siècles. »

Elle est au contraire une combattante de plein droit, si l’on en juge par la description qu’en donnent les auteurs de la fameuse chronique : « Tomoe, par la blancheur de son teint, par sa longue chevelure, par ses traits réguliers, était en vérité la plus belle. D’une force et d’une adresse rares à l’arc, que ce fût à cheval, que ce fût à pied, le sabre à la main, c’était une guerrière capable d’affronter démons ou dieux et qui seule valait mille hommes. Experte à monter les chevaux les plus fougueux, à dévaler la pente la plus raide, dès que l’on parlait bataille, vêtue d’une lourde armure aux plaques serrées, le grand sabre et l’arc puissant à la main, elle apparaissait à l’ennemi comme un capitaine de premier rang. Elle avait accompli de si brillants exploits que nul ne l’égalait. Et c’est ainsi que cette fois encore, quand tant de gens avaient battu en retraite ou s’étaient enfuis, Tomoe était des sept cavaliers qui n’avaient pas été frappés. »

Malgré ce portrait à faire frémir le plus valeureux guerrier, Yoshinaka enjoint à Tomoe de quitter les lieux sans délai, de peur d’avoir à subir la honte de périr aux côtés d’une femme ! La malheureuse est bien payée pour sa peine. Elle proteste un instant, puis s’exécute en croisant les doigts pour qu’un adversaire digne d’elle entre en lice, de manière à prouver une ultime fois sa valeur aux yeux de son seigneur et sans doute amant. La prière est aussitôt exaucée, lorsqu’une bande de samouraïs Minamoto lancés aux trousses des fuyards fait son apparition. Tomoe charge dans la mêlée, décapite un assaillant, se dévêt de son armure avant de disparaître dans la nature sur la route des provinces orientales.

À compter de cet instant, les sources divergent. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on sait que ces récits furent compilés sur la base de traditions orales rapportées par des bonzes aveugles, joueurs de luth talentueux qui gagnaient leur pitance en se faisant conteurs itinérants ? Ces biwa hôshi, qui étaient au Japon médiéval ce que troubadours et ménestrels étaient à l’Europe féodale, ont souvent donné libre cours à leur imagination.

On tient cependant pour certain que Yoshinaka est tué à Awazu en ce funeste jour d’hiver. Si le lecteur du Dit des Heike n’entendra plus jamais parler de Tomoe, d’autres œuvres ne s’en tiennent pas à la version lacunaire du célèbre conte épique, à commencer par le Genpei Seisuiki. Cet ouvrage volumineux, qui narre lui aussi le conflit éponyme décidément inspirant, se fait fort d’établir la généalogie de Tomoe, et la présente de la sorte, par la voix d’un poursuivant : « Je n’ai jamais vu personne se battre aussi férocement, bien que j’aie moimême livré bataille depuis l’âge de seize ans. […] Elle est un merveilleux archer et un cavalier émérite, à la fois maîtresse et sœur de lait [de Yoshinaka]. Il la traite avec la plus grande considération. À la guerre, elle commande pour son compte à des troupes nombreuses. Son nom est sans tache, elle est un formidable guerrier. […] Ce n’est pas une femme, mais un démon à l’œuvre. Qu’un tel être m’atteigne, ne serait-ce que d’une seule flèche, signifierait pour moi la honte éternelle. » Et le preux samouraï, courageux mais point téméraire, de tourner casaque.

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Re: La femme Samourai qui valait mille soldats

Message par joelle le Ven 10 Mar - 8:06

Waouu !!! sacrée guerrière
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Re: La femme Samourai qui valait mille soldats

Message par Erwan le Ven 10 Mar - 15:09

ah Génial j'aime tout ce qui se rapporte a l'histoire, merci :D
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Re: La femme Samourai qui valait mille soldats

Message par stephane le Ven 10 Mar - 15:30

2ème partie de cette histoire.

Cette fois Yoshinaka, se sachant condamné, exhorte celle qu’il aime à fuir jusqu’aux montagnes de son Shinano natal afin d’échapper à la mort. Mais on ne quitte pas une scène aussi glorieuse sans un dernier rebondissement  : l’héroïne est donc interceptée par un lieutenant de Minamoto no Yoritomo. Tomoe met en garde l’ennemi en saisissant un tronc de pin telle une massue, avant de le briser en mille échardes en guise d’avertissement. L’autre ne s’en laisse pas conter, et parvient tout de même à maîtriser la furie.



Comme attendu, le vainqueur fera de Tomoe sa concubine, avec la bénédiction du seigneur des Minamoto. La belle aurait engendré un fils, naturellement doté d’une force herculéenne, en la personne d’Asahina Saburô Yoshihide, qui exista probablement, mais auquel la légende attribue des prouesses surhumaines. Quant à la farouche guerrière enfin domptée, elle serait entrée dans les ordres et aurait quitté ce monde à l’âge – canonique selon les critères du temps – de quatre-vingt-onze ans.

Enfin, une troisième version avance qu’à force de courage, Tomoe parvint à disperser ses adversaires, puis à soustraire à l’ennemi la tête de son défunt amant, avant de se jeter dans la mer du Japon en serrant dans ses bras ce macabre trophée. Précision d’importance, les samouraïs avaient pour coutume de prouver de cette façon que leur besogne avait été accomplie. Depuis lors, les spéculations n’ont pas manqué. Les chercheurs n’étant pas parvenus à identifier Tomoe avec certitude en passant au peigne fin les registres des plus anciens monastères, le mystère reste entier, d’autant que les différentes versions de son histoire se sont additionnées durant plus de neuf siècles. La renommée du personnage, tout comme les questions qu’elle soulève à propos de la place des femmes dans l’univers presque exclusivement masculin du guerrier traditionnel nippon, ne laissent pourtant pas d’interpeller.

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I. De grandes oubliées de l’histoire ?
Nombreuses sont les femmes au caractère bien trempé à avoir influé sur le cours de l’histoire du pays. Tout comme bon nombre d’héroïnes dont l’Europe entretient le souvenir, les figures féminines japonaises abondent – qu’elles aient été sœurs, épouses ou concubines –, qui ont pris les armes pour défendre le château assiégé en l’absence d’un mari batailleur, ou se sont illustrées en commandant à des hommes pourtant peu portés à obéir aux ordres d’un représentant du beau sexe. Au lendemain de la guerre des Genpei, le pouvoir va d’ailleurs échoir à une femme, en la personne de Hôjô Masako, veuve de Minamoto no Yoritomo. Les intrigues de cette contemporaine de la célèbre Aliénor d’Aquitaine, passée maîtresse dans l’art de conspirer sous les innocents oripeaux d’une moniale, lui vaudront le sobriquet d’ama-shogûn, le « shôgun-nonne ».

Tomoe Gozen n’en demeure pas moins l’un des seuls exemples un tant soit peu documenté de personnage féminin ayant embrassé la carrière militaire. Est-ce à dire qu’elle fut une exception ? Rien n’est moins sûr, car bien que la thèse soit controversée, la farouche compagne de Yoshinaka pourrait bien ne pas être un cas isolé, mais au contraire l’arbre qui cache la forêt des onna bugeisha, les « femmes-guerrières ». Ces dernières auraient-elles été gommées des annales par des chroniqueurs soucieux de ne pas mettre en péril la domination « naturelle » de la gent masculine, en particulier dans le métier des armes ?

Plusieurs commentateurs se sont en effet interrogés sur ce congé soudain donné par Yoshinaka à son lieutenant en jupons, dont Le Dit des Heike vient pourtant de vanter les mérites. Là encore, bien malin qui peut discerner le témoignage de l’ajout ulté- rieur. À en croire Stephen Turnbull, sans conteste l’un des meilleurs spécialistes du Japon médiéval, de récents tests génétiques effectués sur des têtes exhumées de tertres funéraires sur trois champs de bataille distincts ont révélé une forte proportion de combattantes, qui pourrait atteindre un tiers des pertes. L’historien britannique en déduit que « des femmes samouraïs partirent certes à la guerre, mais la guerre vint aussi à elles. Et elles combattirent alors avec la bravoure et l’habileté qui siéent à d’authentiques guerrières. »

À l’instar de Yoshitsune, un personnage de la trempe de Tomoe ne pouvait laisser les poètes indifférents. L’amazone ne sera affublée que tardivement de l’épithète « Gozen », dont nul n’a pour l’heure établi la signification de façon certaine, mais qui évoque notre « courtisane ». Faut-il y voir une manière de souligner les liens unissant l’intéressée à la noblesse, ou bien une allusion à des activités moins honorables qui lui auraient attiré les faveurs de Yoshinaka ? Dès le XVe siècle, dans le drame portant son nom, Tomoe voit déjà sa réputation militaire écornée. Et les choses vont de mal en pis puisqu’en 1746, l’auteur d’Onna Shibaraku, une pièce de kabuki, tourne en ridicule la redoutable guerrière afin de mettre en évidence l’absurdité d’une situation qui permettrait à une simple femme de l’emporter sur autant de champions virils.

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Si elle constitue un âge d’or des arts dramatique et pictural, la société étroitement corsetée de l’époque Edo ne saurait tolérer le moindre écart au respect des bonnes mœurs, quitte à réécrire quelque peu l’histoire. Bien qu’elle soit le plus souvent interprétée par un homme, comme le veut la coutume classique, Tomoe n’en devient pas moins une personnalité récurrente du théâtre, ce qui va assurer sa postérité. Depuis lors, la popularité de l’illustre femme-samouraï n’a cessé de grandir, jusqu’à franchir les frontières de l’archipel. C’est ainsi qu’au début des années 1980, Tomoe Gozen ressuscite en improbable héroïne d’un best-seller littéraire, adaptation horrifique du Dit des Heike commise par l’Américaine Jessica Amanda Salmonson. La belle guerrière est même parvenue à surpasser son alter ego masculin, Yoshitsune, en remportant haut la main le concours de figuration dans une multitude de jeux vidéo, mangas et autres dessins animés.

Les admirateurs de l’intrépide Tomoe Gozen trouveront cependant un cadre plus propice aux déclarations enflammées dans le décor somptueux du Jidai matsuri de Kyôto. Ce festival réunit chaque automne des milliers de participants venus rencontrer leurs héros en chair et en os à l’occasion d’un extraordinaire cortège de cavaliers et piétons, tous revêtus de leurs plus beaux atours, aux couleurs des différentes périodes de l’histoire du Japon. Comme il se doit, Tomoe figure parmi les personnages les plus acclamés. Le rôle est toujours confié à une magnifique jeune femme, qui veille ainsi à perpétuer la mémoire de la mystérieuse guerrière dont la lame a fait couler le sang, et dont les secrets n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encre.

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